Bohuslav MARTINŮ (Polička 1890 - Liestal (Bâle) 1959)


Les tableaux couvrant la totalité des oeuvres de Martinů (200 pages, fichier format .pdf) est disponible sur simple demande auprès de walter.coussement@wanadoo.fr ou president@mouvementjanacek.org.
exemple:
QUATUOR A CORDES N°5 H.268
Titre tchèque ou original: Smyčcový kvartet č.5
Date, lieu de composition: 1938, Paris
Archives: Musée National à Prague et esquisse complète à Brno ; copie à l’Institut Martinů à Prague
Dédicace: Vítězslava Kaprálová
Création: Juillet 1938, Los Angeles par le Quatuor Pro Arte/ création à Prague le 25 mai 1958 par le Quatuor Novák
Édition / Droits: Editions d’Etat, Prague 1959 / Bärenreiter
Durée: 27 minutes 30 sec
Mouvements:1. Allegro ma non troppo 2. Adagio 3. Allegro vivo 4. Lento - Allegro
Formation instrumentale: 2 Violons, alto et violoncelle

Discographie
PRAGA 250205 (+ Quatuor N°2 H.150, Quatuor n°4 H.256) Quatuor Kocián, 2006.

ARCO DIVA UP0085 (+Kaprálová Quatuor à cordes op 8, Suk Méditation sur le choral de Saint Wenceslas) Quatuor Kaprálová, 2006

BIS 1389 (+ Quatuors n°3 H.183 et n°4 H.256) Emperor Quartet, 2005.

NAXOS 8553784 (+ Quatuors n°4 H.256 et n°7 H.314) Martinů String Quartet, 2003.

BAYER RECORDS 100152 - 3CD (intégrale des sept Quatuors à cordes + Trois Madrigaux H.313, Trio à cordes n°2 H.238,) Stamitz String Quartet, 1995.

SUPRAPHON 3917 – 3 CD (Intégrale des sept Quatuors à cordes) Quatuor Panocha, 1979-83, réédité 2007.

Commentaire:
Année extrêmement critique en Europe, 1938 verra la composition de quatre œuvres majeures de Martinů, dont le Double Concerto H.271. On ne reviendra sur les relations entre le compositeur et sa jeune élève V. Kaprálová que pour souligner combien ce que Guy Erismann appelle le « programme intime » revêt de l’importance. Il faut rester discret sur ce qui appartient à l’intimité. « Programme intime » exprime donc bien l’indispensable retenue, même si le manuscrit porte de nombreuses annotations non musicales faisant référence à V. Kaprálová (indications en marge, dessins humoristiques, pensées personnelles et considérations sur des divergences d’opinions musicales avec celle-ci). Le manuscrit fut perdu pendant la guerre mais heureusement retrouvé en 1955 par M. Šafránek qui n’y fit qu’une brève allusion dans son livre sur Martinů en 1962, par égard pour Charlotte encore vivante. A propos du manuscrit, Harry Halbreich signale dans son commentaire sur les archives qu’il s’agit d’un « document personnel inestimable pour la biographie de Martinů grâce à la grande quantité de dessins et d’inscriptions qui sont l’histoire de la génèse de l’œuvre et un véritable journal de sa relation amoureuse avec Vítězslava Kaprálová.» Et il ne manque pas d’ajouter, à l’instar de tous les commentateurs que l’œuvre est à rapprocher du Quatuor n° 2 « Lettres intimes » de Janáček. Cependant, il faut souligner une différence essentielle entre les deux compositions et qui tient entre autres aux caractères radicalement différents des deux maîtres : Janáček donne à entendre le reflet de « sensations à l’état brut » tandis que Martinů déploie « un prisme de sentiments ». (G.E. op. cit) Il est clair que Vítězslava Kaprálová fut une source d’inspiration et un stimulant de création extraordinaire. L’apport considérable de Martinů à l’univers du quatuor à cordes fait évoquer par certains, dont Brian Large, Bartok (Quatuor n°3).
Cela conduit à apprécier sans doute encore plus la profondeur de l’inspiration, la finesse des sentiments, la qualité de l’expression. D’autres compositeurs et non des moindres ont de même puisé dans leur vécu relationnel comme source d’inspiration. Chez Martinů, l’épure d’abstraction lyrique atteint le sublime : « Dans certaines circonstances, les plus grands créateurs peuvent encore se surpasser » dit à juste titre Harry Halbreich à la première phrase de son commentaire (op. cit.) qui ajoute que ce dépassement de soi se fera une seconde fois en 1938 dans un tout autre registre avec le Double concerto H.271. La motivation sous-jacente étant combien différente, de la sphère la plus privée à l’universel.
Enfin, rien que par son ampleur, ce quatuor dépasse toutes les autres compositions de chambre, hormis le Quatuor « 0 » H.103. Pièce abrupte, sans concession et sans complaisance, d’une tension constante, le Quatuor n°5 se démarque complètement du précédent (H.256) de 1937. Martinů y donne effectivement libre cours à une véhémence presque romantique de laquelle il n’est guère coutumier et que souligne cette autre particularité rarissime pour ne pas dire unique chez lui, qu’est la tonalité pratiquement fixe - sol mineur - tout au long de la pièce (sol mineur vers do mineur à la fin du deuxième mouvement et do mineur/sol mineur dans le troisième). Quelle en est la signification ? Comme dans le Quintette K.516 de Mozart, sol mineur est la couleur de la crise, de l’angoisse, de la violence intérieure, voire de l’enfermement.
Ni Martinů ni V. Kaprálová ne purent assister à la création en 1938 à Los Angeles. Ils n’entendirent jamais l’œuvre. Vítězslava mourut en effet en 1940 et, lors de la création pragoise en 1958, Martinů était, comme on le sait, « absent » de son pays.
Le premier mouvement est sombre avec une écriture fragmentée et en partie percussive ; rares sont les moments de tendresse cependant que le second violon entame une funeste variation du début du Requiem de Dvořák. Dans le mouvement suivant – Adagio – la tension devient dramatique et mélancolique. Le manuscrit porte à cet endroit une citation musicale d’une Chanson de V. Kaprálová, qui manifestement devait avoir de l’importance pour Martinů au point qu’il s’en serve comme point de départ d’une méditation du violon solo qui s’élève tel un cantique d’amour. L’Allegro vivo du troisième mouvement est un furieux Scherzo : la vie, le tumulte, l’imprévu. Le rythme syncopé est turbulent. Un Lento passionné commence le quatrième mouvement qui vire rapidement à l’adagio tragique. Puis l’expression est envahie d’amertume mais la fermeté virile l’emporte avec des motifs en octaves aux quatre instruments avec une coda puissante en larges accords espacés donnant une impression de force et d’originalité. (d’après Brian Large, op cit).
Œuvre très exigeante à tous points de vue, tant pour les instrumentistes que pour l’auditeur dont l’attention est exigée à chaque instant, le Quatuor à cordes n°5 se place entre les Tre Ricercari H.267 pleins d’originalité d’instrumentation et illuminée par la même V. Kaprálová, et le Concertino pour piano H.269, page néo-classique de moindre relief après l’exceptionnel Quatuor. L’évocation de Vítězslava Kaprálová retiendra encore Martinů beaucoup plus tard, en 1957, avec Vzpomínky (Souvenirs) H.362.


BOHUSLAV MARTINŮ, L’ÉLÉGANCE CONCISE DU DISCOURS


par Harry HALBREICH
Martinů est le quatrième grand classique de la musique tchèque, après Smetana et Dvořák, les fondateurs de l’école nationale, et après le fougueux Janáček, génie isolé et sauvage, rebelle à toute classification. Son apport n’est pas moindre que celui de ses trois grands prédécesseurs. Le caractère aventureux d’une vie vagabonde ne fut certes pas le fait d’un tempérament discret, modeste et même timide, mais au contraire le reflet des vicissitudes de son peuple, qui firent de lui jusqu’à la fin de sa vie un exilé. De bonne heure il apprit le violon, et devant l’évidence de ses dons, ses parents, soutenus par quelques personnes fortunées de Polička, l’envoyèrent au Conservatoire de Prague. Mais il s’adapta mal à la grande ville ; son esprit libre se montrait déjà rebelle à toute discipline scolastique et à toute vérité révélée.
Gagnant chichement sa vie comme modeste second violon à la Philharmonie Tchèque, il mena donc une vie de bohème (sans jeu de mots !), travaillant avec acharnement en autodidacte et composant déjà d’abondance. Comme pour tant d’autres musiciens européens de sa génération, Pelléas fut pour lui la grande révélation, la saine influence du folklore natal et de Smetana lui apportant le nécessaire antidote aux faunes déliquescents, aux nymphes languides et aux serres chaudes de l’impressionnisme.
Le deuxième des quatre grands chapitres de cette existence s’ouvrit en 1923, lorsque le rêve de Martinů se réalisa enfin : muni d’une modeste bourse d’études du gouvernement de la toute jeune République tchécoslovaque, il se rendit à Paris et devint le disciple d’Albert Roussel qui mit de l’ordre dans cette imagination bouillonnante, auteur déjà de plus de cent trente oeuvres inédites, lui montrant sa vraie voie. Simultanément, Martinů découvrait émerveillé les richesses du Paris du premier après-guerre, Stravinsky, le Groupe des Six, Montparnasse...
Juliette ou la Clef des Songes
Au lieu des quelques mois prévus, son séjour parisien dura... dix-sept ans, et seuls les événements de 1940 y mirent un terme brutal. Par son mariage avec une Française, par ses amitiés, par l’inspiration de nombreux ouvrages (dont l’admirable Juliette ou la Clef des Songes, chef-d’oeuvre de l’opéra surréaliste), il scella des liens profonds avec sa patrie d’adoption, tout en écrivant par ailleurs une musique de plus en plus intensément tchèque. Durant ces années qui firent de lui peu à peu un maître de réputation internationale, Martinů s’affilia à l’Ecole de Paris, formée de musiciens originaires comme lui d’Europe centrale attirés par le rayonnement de la culture française. Patriote militant, il se trouva inscrit sur la liste noire des nazis, et sa musique fut interdite dans tous les pays occupés par Hitler. Aussi l’invasion allemande l’obligea-t-elle à quitter précipitamment Paris en 1940, abandonnant sur place presque tous ses manuscrits et partitions, qu’il ne devait retrouver qu’après la guerre. Après un exode mouvementé et un dur hiver passé à Aix-en-Provence, il parvint à obtenir un visa pour les Etats-Unis, où il débarqua le 31 mars 1941.
Le chapitre américain
Chapitre qui se prolongea durant douze années, et cette période vit naître notamment le cycle grandiose des six Symphonies. Un grave accident survenu en juillet 1946 ne ralentit que passagèrement son intense activité créatrice, mais retarda, et finalement empêcha, les événements politiques s’en mêlant, le retour ardemment désiré dans sa patrie, plus revue depuis 1938, et qu’il ne devait jamais revoir : lui qui, comme Bartók, avait refusé Hitler, ne pouvait davantage accepter Staline. Ses dernières années, à partir de 1953, à l’exception d’un dernier voyage outre-Atlantique, furent partagées entre Nice, Rome et la Suisse. C’est non loin de Bâle, qu’il s’éteignit le 28 août 1959.
Le 4 août 1942, dans une interview accordée au New York Herald Tribune, Martinů, interrogé sur les sources de son art, cita la musique populaire de Bohême et de Moravie, le madrigal anglais de la Renaissance et Debussy. On peut y ajouter le concerto grosso de l’époque baroque. L’empreinte du folklore et celle de Debussy datent, nous l’avons vu, des débuts même de sa formation. Contrairement à Janáček où à Bartók, il ne se livra jamais à une prospection scientifique de la musique populaire mais y puisa de manière beaucoup plus instinctive. S’il lui arrive de citer des thèmes authentiques, il en recrée généralement lui-même dans l’esprit du « folklore imaginaire ».
La libération debussyste
Chez Debussy, Martinů trouva le refus de l’emphase, de l’exagération expressive, de tout schème formel préétabli, l’amour de l’élégance concise du discours, de la pureté et du raffinement du langage, bref tout ce qui l’attirait vers la France et sa culture. De plus, la libération debussyste dans le domaine de l’harmonie le marqua profondément, et on en retrouve des traces jusque dans ses dernières oeuvres, celles de la phase qu’on peut qualifier de néo-impressionniste (Fresques de Piero della Francesca, Incantation, Paraboles).
Martinů découvrit le madrigal anglais de la Renaissance en 1922, lors d’un concert donné à Prague par les English Madrigal Singers. Il fut frappé par la liberté extrême de cette polyphonie, contrepoint chantant et polymélodique à l’écart de toute formule d’école et de tout procédé de développement séquentiel ou mécanique. La liberté rythmique de cette musique l’impressionna tout autant, rejetant toute symétrie périodique, et se déve-loppant à l’écart de la barre de mesure. Enfin, il fut émerveillé par la con-duite mélodique si souple, si bien adaptée à la voix humaine, par la syn-thèse unique en son genre qu’opère le madrigal anglais entre les sources populaires les plus simples et le raffinement esthétique le plus poussé : en fait, il y trouvait des traits lui rappelant le folklore de son pays !
Le concerto grosso baroque
Quant au concerto grosso, dont l’empreinte se fait sentir à partir de 1930 environ, il détermine non seulement l’équilibre sonore et instrumental de sa musique d’orchestre, mais encore son essence morphologique profonde, particulièrement dans les Symphonies. Il se passionna surtout pour Corelli (qui demeura l’un de ses compositeurs favoris) et pour les Brandebourgeois de Bach. Le concerto grosso lui permit d’échapper au dualisme thématique de la forme sonate de type beethovénien et à ses conséquences d’ordre psychologique et expressif : il le remplaça par la prolifération motivique à partir d’une cellule originelle qui caractérise toute sa production instrumentale de maturité, et qui va au devant de sa propension à la clarté, à la concision, à une expression maîtrisée, de manière bien plus satisfaisante.
Ensuite, le concerto grosso correspond parfaitement à l’idéal sonore de Martinů, celui d’une « musique de chambre à l’échelle symphonique », qui féconde son renouvellement du genre même de la symphonie. Il expliquait lui-même : « On ne trouve pas encore, [dans le concerto grosso], ce besoin impérieux de couleurs et d’effets instrumentaux, de ‘progressions’ sonores ou expressives, qui nous imposent si souvent une direction qu’en fait nous ne désirons pas prendre, et qui appauvrissent aussi parfois les lignes mélodiques et les pensées musicales par de vieux ‘schémas’ qui n’ont rien à voir avec la musique véritable. Moins de sentiments immédiatement visibles, moins de sonorités bruyantes, mais des formes musicalement plus denses : c’est là le Concerto Grosso. »
Voilà qui ressemble fort à un credo de musicien « classique », ou du moins anti-romantique. S’il fut un véritable humaniste, dont le contact étroit avec ses contemporains fut toujours le souci prioritaire, il n’en demeure pas moins qu’il avait fait sienne la devise de Rameau: « cacher l’art par l’art même ». Aussi pensait-il que la technique était affaire de spécialistes, et que ses problèmes ne devaient en aucune manière faire obstacle à la com-préhension de la musique par l’auditeur de bonne volonté. Et son tempérament classique, mozartien même, se manifeste dans son souci de distanciation du créateur par rapport à l’impact émotif immédiat inspirant une oeuvre. Il estimait « qu’un homme dominé par un sentiment en est momentanément empêché de l’exprimer » et que « le bouleversement extrême provoque la confusion. »
Ce grand travailleur dont la féconde sagesse rappelle tant celle de Joseph Haydn, en qui il admirait autant l’homme que le créateur, estimait que « le spontané en art est atteint par le fait même de s’absorber complètement dans le sujet de son travail, la spontanéité étant le résultat d’une activité créatrice prolongée. » Et de fait, le mot spontanéité est le mot-clef de l’art de Martinů, type de l’artiste « naturel » se fiant à son instinct et à son subconscient pour résoudre les difficultés de son travail. Il croyait profondément à l’existence de lois mystérieuses et non écrites gouvernant l’harmonie universelle, et donc aussi l’activité créatrice de l’artiste, et était convaincu que la solution de bien des problèmes de la composition devait être recherchée dans le monde du rêve, pour pouvoir être ensuite déchiffrée et utilisée au grand jour de la réalité.
L’inspiration fraîche et jaillissante comme l’eau des collines de Bohême
Martinů fut avant tout un chantre de la joie, en un siècle qui en était si cruellement dépourvu. Même ses oeuvres les plus dramatiquement tendues se terminent sur des accents d’espoir ou de consolation, et même sa nostalgie vers la patrie lointaine et inaccessible, surtout intense dans les oeuvres de la fin de sa vie, est virile, jamais déprimée. Le plus souvent, cependant, c’est sa rayonnante joie de vivre qui nous conquiert, et son langage rythmique si original, son inimitable agogique de la vitesse qui donne des ailes même à ses morceaux de tempo modéré y contribue puissamment. La pureté de coeur de cet apollinien à la fois slave et latin se reflète dans la pureté égale d’une inspiration fraîche et jaillissante comme l’eau d’une source de ses chères collines de Bohême. Il est peu de musiques aussi bienfaisantes que la sienne pour l’âme, pour l’esprit et pour les sens : c’est pourquoi elle vivra toujours, et occupera une place sans cesse croissante dans notre culture.



Ce texte de Harry HALBREICH est reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Un des connaisseurs les plus avertis de la musique de notre temps, Harry HALBREICH a notamment écrit des ouvrages sur Messiaen, Honegger et Martinů. Pour ce dernier, il a été le premier à établir le catalogue des œuvres (Zurich 1968 et 2008).

Devant la désaffection dont souffre Martinů, on ne sait trop derrière quel prétexte on pourrait cacher sa honte. Comment oublier que ce musicien passa une vingtaine d’année en France et y composa des œuvres majeures. L\\\'oubli est proportionnel à l\\\'immensité de son catalogue qui compte près de quatre cents numéros. On sait par exemple que sa musique de chambre est foisonnante et que sa musique d\\\'orchestre est forte de six symphonies, de cinq concertos pour piano, de deux pour violon, de deux pour violoncelle et près de vingt œuvres concertantes pour divers instruments ou formations, de plusieurs cantates et oratorios sans compter les œuvres inclassables. Sa musique pour le théâtre, que ce soit les ballets et la musique lyrique où il fit preuve d\\\'un renouvellement créatif assez extraordinaire compte par dix-huit fois le mot « opéra » et dix-sept fois le mot « ballet » (Guy Erismann). Malgré les efforts, il est affligeant de voir la suppression de deux programmations d’opéras en France en 2009.

« Martinů, ce sera ma gloire ! »
Albert Roussel



Que venait faire à Paris en 1923 ce compositeur tchèque ayant déjà quelque 135 opus à son actif ? Suivre l’enseignement d’Albert Roussel, musicien alors très réputé et fin pédagogue. Si Martinů ne fut jamais élève à proprement parler de Roussel, ce dernier lui prodigua les conseils qui lui permettront de déterminer sa voie, au-delà des modes et des écoles. Universel comme Dvořák, Martinů restera profondément tchèque, comme Dvořák. Chacun peut et doit se l’approprier, puisqu’il est universel.
Par ses séjours aux Etats-Unis, en France, en Suisse, en Italie, il a assimilé des sources d’inspiration d’une extraordinaire envergure tout en restant très personnel. La ‘griffe’ Martinů est réelle et traverse toute son œuvre.
C’est cette année 2009 que l’on célèbre le cinquantenaire de la mort et 2010 marquera le 120ème anniversaire de la naissance de Bohuslav Martinů. Ces deux dates encadrent l’ambitieux projet lancé par l’Institut Martinů et son directeur Aleš Březina : Martinů Revisited. « Nous avons initié toute une série d’importantes manifestations qui figureront, entre autres, aux programmes des festivals Printemps de Prague 2009 et 2010, mais aussi à d’autres festivals tchèques et moraves. J’aimerais mentionner encore le projet musical et éducatif Špalíček dans le cadre duquel 160 élèves d’écoles primaires et secondaires de Prague préparent déjà un spectacle composé des scènes choisies du ballet Špalíček – l’Année tchèque de Bohuslav Martinů.» La concordance d’année de célébration du bicentenaire de la disparition de Joseph Haydn avec le cinquantenaire de celle de Martinů n’aura pas échappé aux avertis. Et pour les réunir, ce clin d’œil du second au premier par le Septième Quatuor. Peut-on imaginer meilleure introduction radiophonique ?



MARTINŮ, SON CATALOGUE ET LE DISQUE


* Patrice Chevy
L’approche de la discographie de Martinů semble mériter un bilan au moment où l’on va commémorer les 50 ans de sa disparition en 2009. En s’appuyant sur les deux éditions de l’ouvrage de référence de Harry Halbreich (1968 et 2008, hélas toujours en allemand), ainsi que sur le catalogue de la Fondation Martinů consultable sur Internet, on peut extraire le meilleur de ce que l’amateur peut acquérir à ce jour.

Pour parler brièvement de chiffres, en prenant H. Halbreich et les compléments de l’Institut, le catalogue Martinů comprend 384 numéros, auxquels il faut ajouter 30 suites, versions alternatives, sous les numéros H. A/B/C, 34 numéros bis ou ter du catalogue (bis plutôt que catalogue complémentaire pour conserver le caractère chronologique, les partitions étant en règle générale datées), mais retrancher 49 numéros aujourd’hui perdus (le 1er Trio à cordes H. 136 est la plus récente redécouverte, d’autres suivront sans doute). Soit 399 œuvres pour une édition complète Martinů ; il resterait 136 références non enregistrées.

Une centaine de ces numéros est antérieure au départ de Martinů pour Paris (jusque H. 135bis). On ne peut évidemment pas prétendre que Martinů soit devenu subitement un génie en respirant l’air de Paris. Mais il y a quand même une rupture, car notre compositeur absorbait comme une éponge tout ce qu’il voyait, lisait, écoutait. Par ailleurs, les pages de jeunesse (par exemple dans l’intégrale Matoušek piano/violon) soutiennent la comparaison avec les analogues de Sibelius.


Quels domaines sont concernés par les manquants ?

● Les mélodies : décidément le parent pauvre de la discographie, même si la majorité des manquants (49 sur 55) appartient à la période de jeunesse, les rares enregistrements montrent qu’il est indispensable de faire plus, et en particulier pour les quelques pages plus tardives. On aimerait aussi les Trois Mélodrames H. 82 à 84, un genre vraiment très tchèque !

● De même, l’irritante question des pièces pour piano : les « intégrales » sont tout sauf intégrales, mais le très beau disque d’Erik Entwistle révèle de vrais joyaux, et le 4ème de Koukl est également très riche pour la première période. Vingt-six des trente-deux manquants sont certes de la première période, mais alors ? Le troisième CD de Pavel Kaspar sera-t-il à même de nous combler ? Un seul CD y suffirait…

● Les pièces pour orchestre de jeunesse (treize) poèmes symphoniques et autres, méritent à coup sûr un intérêt.

● Les opéras : le premier – Le Soldat et la Danseuse H. 162, puis La Semaine de Bonté (inachevé) H. 194, Le Théâtre de Faubourg H. 251, Ce dont vivent les Hommes H. 336 attendent toujours leur premier enregistrement (à ma connaissance du moins). On ajoutera qu’il n’existe aucun enregistrement commercial de Plainte contre Inconnu (inachevé) H. 344, et que l’enregistrement disponible du Mariage H. 341 est vraiment daté.

● En matière de musique de chambre, peu de manques, mis à part le Quintette avec piano de jeunesse H. 35. Mais on attend vivement un enregistrement des Stowe Pastorals H. 335. Le « petit » Divertimento pour deux flûtes H. 365 serait bienvenu. On aimerait aussi une bonne version pour orchestre à cordes du beau Sextuor H. 224A.

● Les ballets comportent quatre manquants évidents, trois de « jeunesse », mais Istar H. 130 doit être enregistré et ses Suites (le beau vinyl par Brno et Waldhans n’a pas été regravé en CD il me semble) ; et bien sûr The Strangler H. 317.


● Quelques chœurs enfin manquent aux « intégrales » comme l’ultime H. 384.

● Musiques de scène et de film, Œdipe, dont la petite Suite H. 248A révèle une musique intense qui donne envie d’en avoir plus.


Les enregistrements

Malgré les manquants, il faut reconnaître que Martinů est bien servi par le disque. Paradoxe en France, puisque son nom n’apparaît que rarement en concert : les interprètes aiment, mais les organisateurs de concert sont frileux. Alors, comment attirer l’attention du mélomane français sur un compositeur dont il n’entend que trop rarement la musique ? Espérons que la commémoration 2009 sera un point de départ de la reconnaissance par le grand public et pour cela, il serait utile que nos radios y consacrent quelques émissions.

Pour une première découverte…

● Les Fresques de Piero della Francesca et le Double Concerto par Mackerras (SUPRAPHON)
● Pour un premier contact avec les Symphonies, les 3ème et 4ème par Bělohlávek (SUPRAPHON) sont un excellent choix. Cependant, l’intégrale des symphonies par Neumann (SUPRAPHON) à mon sens insurpassée, pour un ensemble qui constitue un sommet absolu de notre compositeur.
● La Passion Grecque par Mackerras (CD ou DVD SUPRAPHON)
● Le très beau CD récent de HARMONIA MUNDI avec le 2ème concerto pour violon et Toccata & due Canzoni
● Les Concertos pour piano 2/3/4 par Firkušný/Pesek (SUPRAPHON)
● Les Concertos pour violoncelle 1 et 2 + Concertino (Wallfish, CHANDOS)
● Les Sonates pour violon n° 1 et 3 (le chef d’œuvre absolu pour moi) par Josef Suk (SUPRAPHON)
● Les trois Sonates pour violoncelle, très souvent enregistrées, par exemple Chuchro, Hála (SUPRAPHON)
● Le Quintette n° 2 pour piano et cordes (Páleníček, quatuor Smetana, SUPRAPHON)
● Le superbe programme de TIMPANI avec Les Fêtes Nocturnes (libellé que je préfère de beaucoup à celui de Kammermusik N° 1), la Fantaisie (version ondes Martenot), le second Nonet. Ce disque aurait été parfait et cohérent avec les Stowe Pastorals plutôt que Les Rondes, mais c’est quand même un joyau.
● Pour la musique de piano, je n’hésite pas à recommander en tout premier le disque d’Erik Entwistle, combinant la grande Sonate avec des miniatures mer-veilleusement ciselées.

Un peu plus en détail…

SYMPHONIES

● Le CD historique (PANTON) avec la 6ème par Rozhdestvensky et Les Paraboles par son dédicataire Charles Münch (avec l’orchestre de la Radio de Prague et non Boston -1967)
● Les versions Bělohlávek (SUPRAPHON), Järvi (BIS) à la rigueur Fagen (NAXOS).


PAGES ORCHESTRALES

Pour grand orchestre ou orchestre de chambre, plusieurs programmes se recoupent, des doublons sont inévitables, mais souvent bienvenus :

● Ouverture H. 345, Rhapsodie H. 171, le beau Concerto Grosso H. 263, la Sinfonia Concertante pour 2 orchestres H. 219, enfin les Paraboles H. 367, Bělohlávek et le CPO (SUPRAPHON)

● Un bien joli disque, celui de Christopher Hogwood (DECCA) pour La Revue de Cuisine et les Tre Ricercari, un des chefs d’oeuvre néo-classique

● Le disque très cohérent de Tamás Vasary et le Bournemouth Sinfonietta, avec les deux Sinfoniette et Toccata e due Canzoni (CHANDOS)


CONCERTOS

● Le joli disque des trois « petits » concertos (Concertino pour violoncelle, concertos pour clavecin et pour hautbois), au minutage un peu court, mais au contenu qui vaut le détour

● L’intégrale Leichner des Concertos pour piano (SUPRAPHON), où le Concertino se confirme être une œuvre majeure

● L’intégrale en cours de Matoušek des Concertos avec violon ou alto (SUPRAPHON puis HYPERION) est vraiment superbe, sans oublier bien sûr la version Suk des Concertos (SUPRAPHON)

● Par Suk aussi le Concerto pour alto, avec la superbe version Páleníček du 3ème Concerto pour piano (SUPRAPHON). On notera que SUPRAPHON a multiplié les rééditions avec des couplages différents, ce qui rend parfois les choix difficiles

● Les Concertos pour violoncelle par Angelica Mayr et Neumann (SUPRAPHON)

● Signalons aussi quatre disques cohérents « autour d’un instrument ou d’une formation » : le clavecin (SUPRAPHON), l’alto (ARTESMON), deux pianos (AGENTURA ou mieux Talich Chamber Orchestra, (ELAN) incluant le Concerto Grosso), deux violons (ARTE NOVA)


MUSIQUE DE CHAMBRE

● L’intégrale violon/piano de Matoušek (SUPRAPHON) est un vrai monument

● Le duos et trios à cordes (par exemple Hůla/Kaňka/Klusoň, PRAGA), il manque évidemment le Trio à cordes n°1 (qui sortira en mars 2009 chez ALPHA PRODUCTION)

● Les merveilleux Trios avec piano, je recommanderais le Trio des Iscles (GRAVE CONCORD DISTRIBUTION)

● Pour les Quatuors, soit une intégrale, par ex. Stamitz-Quartett (BAYER RECORDS) soit pour une première approche les n° 3/4/5 par Emperor String Quartet (BIS, qui ne s’intéresse pas qu’à Sibelius !)

● Plusieurs versions disponibles des Sonates et Trios avec flûte, par exemple Dubeau/Hamelin/Marion (ANALEKTA)

● Dans l’abondante production NAXOS, vraiment très utile, un disque superbe avec des pages peu fréquentées : le (sublime) Quatuor n° 1 pour piano et cordes, la Sonate pour alto et piano, le Quintette à cordes

● Les PRAGA en règle générale vous offriront nombre de découvertes

● A ne pas manquer : le Sextuor à cordes par l’Academy of St Martin-in-the-fields (avec Dvořák) (CHANDOS)

● Le bel album (2 CD) HYPERION du Darlington Ensemble

● Enfin pour terminer, l’intégrale des Sérénades, Prague Chamber Orchestra (SUPRAPHON)

● Beau programme autour du hautbois et du Quatuor Stamitz (BAYER), la Fantaisie (pour ondes Martenot), le Quatuor avec hautbois H 315, la Mazurka Nocturne H 325 et trois Duos à cordes.

PIANO

Les récitals ne manquent pas. Très recommandables sont les anthologies de J. Kvapil (2 CD ADDA et un CD UNICORN ou REGIS), Leichner (3 CD SUPRAPHON), Kašpar (2 CD parus, un à venir TUDOR), le récent Košárek (SUPRAPHON), Koukl (NAXOS encore, dont le CD n° 4 est très riche en morceaux de la première période).


MÉLODIES

Parent pauvre, on aura plaisir à retrouver Kožená (DGG), et le beau récital de Černá chez NAXOS.


CHŒURS

L’intégrale Kühn (SUPRAPHON) s’impose.


CANTATES

● Bouquet de fleurs par K. Ančerl (avec la Symphonie n° 3, un must)

● La Messe de Camp (ou Messe militaire) dans les superbes programmes de Mackerras (SUPRAPHON) ou Bělohlávek (CHANDOS)

● Les Cantates de Bureš par exemple par Jaroslav Brych (PRAGA/HARMONIA MUNDI)

● Gilgamesh mériterait à mon avis un grand enregistrement ; Košler (NAXOS) ou Prusa (SUPRAPHON) pour patienter

● Enfin l’extraordinaire Prophétie d’Isaïe dans un beau programme Pavel Kühn (SUPRAPHON)


BALLETS : une grande somme de bonheur.

● Špálíček par Jílek (SUPRAPHON) mais la Suite par Mackerras vaut le voyage

● Qui est le plus puissant et Le Papillon, tous deux par Bělohlávek (SUPRAPHON) sont des petits bijoux. Un couplage des deux Suites serait bienvenue (celle du Papillon est disponible sur un disque PANTON – Nosek et Brno, avec Echec au Roi et Le Raid Merveilleux)


OPÉRAS

● Ariane en tout premier lieu, Neumann (SUPRAPHON)

● Le parfait couplage Comédie sur le Pont / Alexandre bis, Jílek (SUPRAPHON)

● Juliette bien sûr, même si j’ai toujours trouvé que la scène était indispensable à cet opéra hors normes, Krombholc (SUPRAPHON)

● On ne négligera pas la version unique de Mirandolina publiée par SUPRAPHON

● La version anglaise de La Passion Grecque publiée par KOCH (existe aussi en DVD)

● Les Jeux de Marie (SUPRAPHON)


PETIT MÉMENTO POUR LES INTERPRÈTES

Martinů a écrit pour le bonheur de tous les musiciens, de toutes les formations musicales. Le catalogue en ligne du site www.martinu.cz permet de trouver toutes les références des œuvres selon le n° H. du catalogue Halbreich, selon le titre, etc., et, en cliquant sur le titre, d’en avoir les détails très précis. (éditeur, première, interprètes créateurs, etc.).

MUSIQUE POUR UN INSTRUMENT

● La musique pour piano est considérable : depuis les œuvres majeures (Sonate pour piano, Fantaisie et Toccata), les Préludes, des cycles et des miniatures dont beaucoup sont des joyaux

● Les miniatures pour clavecin

● Vigilie pour orgue (seule œuvre pour orgue)

DUOS

● Quatre duos à cordes (violon et alto ; violon et violoncelle)

● Trois sonates et autres œuvres pour violon et piano, trois sonates et autres œuvres pour violoncelle et piano, sonate pour alto et piano, sonatines pour clarinette ou trompette et piano

● Deux pianos, trois œuvres


TRIOS

● Piano et cordes (deux violons, ou violon et violoncelle, un bouquet de chef d’œuvres)

● Piano, cordes et flûte (très populaires auprès des interprètes)

● Trios à cordes (dont celui récemment retrouvé)


QUATUORS

● Les sept quatuors à cordes, et les autres… :

● Quatuor pour piano et cordes

● Trois quatuors pour des formations plus rares, incluant des bois (hautbois ou clarinette)


QUINTETTES

● Un quintettes piano et cordes

● Un quintette à cordes et une sérénade pour deux clarinettes et cordes


SEXTUORS

● Sextuor à cordes

● Sextuor pour vents et piano

● Sérénade pour deux clarinettes, cor, trois violons

● Musique de chambre n°1, piano, clarinette, violon, alto, violoncelle, harpe


SEPTUORS

● Les Rondes (bois, trompette, cordes et piano)

● Sérénade III (hautbois, clarinette et cordes)

● Fantaisie pour Thérémin (ou Ondes Martenot), hautbois, piano et cordes


NONETS

● Pastorals avec cinq flûtes, clarinette et cordes

● Second nonet pour flûte, hautbois, clarinette, cor, violon, alto, violoncelle et contrebasse


CHŒURS A CAPELLA

● Au moins huit cycles majeurs


CHŒURS AVEC INSTRUMENTS

● Des œuvres nombreuses souvent enregistrées


CANTATES AVEC ORCHESTRE

● Bouquet de fleurs (Kytice)
● Rhapsodie tchèque
● Messe champêtre
● Gilgamesh
● Les cantates de la Vysočina : L’Eveil des Sources, Mikeš des Montagnes, La Légende de la fumée des fanes de pommes de terre, La Romance des Pissenlits


MÉLODIES

● Un domaine très riche pourtant peu exploré dans l’œuvre de Martinů.


OPÉRAS

● Le domaine du théâtre musical est particulièrement intéressant comptant quinze œuvres (certaines inachevées) dont La Passion grecque, Juliette ou la Clef des Songes, Les Trois Souhaits, Les Jeux de Marie.


BALLETS

● Une dizaine allant jusqu’aux effectifs de cantate (les deux suites Špalíček en particulier), mais aussi des suites d’orchestre et La Revue de cuisine.


ORCHESTRE

● Le grand cycle des six Symphonies

● Poèmes symphoniques

● Les Fresques de Piero della Francesca, Paraboles, Estampes.


ORCHESTRE DE CHAMBRE

● Œuvres majeures : Concerto grosso, Tre Ricercari, Double concerto, Toccata e due canzoni, Sinfonietta La Jolla.


CONCERTOS

● L’œuvre concertante de Martinů est une des plus importantes du 20ème siècle. Une trentaine de concertos et concertinos au total pour un instrument soliste (piano, violon, violoncelle, alto, clavecin, hautbois) et pour deux (violon et flûte, violon et piano, deux pianos, deux violons) à quatre interprètes (quatuor à cordes).


PROGRAMMER OU INTERPRÉTER LES ŒUVRES DE MARTINŮ

Pour les musiciens et les organisateurs

Souvent, les interprètes qui ont inscrit Martinů à leur répertoire ont du mal à convaincre les organisateurs de programmer ses œuvres en concerts et festivals. Est-il vraiment nécessaire qu’un compositeur ait à son actif une œuvre emblématique dont le thème soit « populaire » et que l’oreille même la moins avertie y associe immédiatement son nom pour figurer au rang de ceux fréquemment joués ? C’est faire injure à une musique comme celle de Martinů qui contient nombre de pièces parfaitement capables d’ « accrocher » l’auditeur, comme les Fresques de Piero della Francesca, le Double Concerto, les Bergerettes… Pour la radio, on trouvera sans peine des extraits se prêtant idéalement à l’introduction d’émissions. Les droits à payer rebuteraient-ils certains ?

Renseignements pratiques sur les droits

Le copyright des oeuvres de Martinů est régi par la Fondation Bohuslav Martinů à Prague selon le testament de sa veuve Charlotte. Les autorisations d’utilisation des œuvres de Martinů, essentiellement les exécutions en concert, s’obtiennent auprès des sociétés des auteurs et compositeurs dans les divers pays (Sacem en France, Sabam en Belgique). Ces sociétés fournissent tous les détails nécessaires.

Le montant des droits varie selon les pays ; ils sont reversés à l’organisme répartiteur en République tchèque qui lui-même les distribue aux auteurs, éditeurs et autres ayants droit. Les conditions sont différentes pour les représentations scéniques (opéras, ballets) ainsi que les retransmissions image et son. Dans ces cas, il faut s’adresser à l’éditeur ou son représentant local chargé de négocier les conditions. Les adresses figurent en général sur les partitions. Le catalogue des œuvres de Martinů contient aussi ces références éditoriales. On peut encore s’informer via le site Internet de l’Institut Martinů (www.martinu.cz). Les conditions sont semblables pour le matériel. Les musiciens peuvent louer directement les partitions auprès des éditeurs ou de leurs représentants dans le monde. Tous les éditeurs sérieux répondent à ces questions. Les principaux éditeurs de Martinů sont : Bärenreiter (Editio Supraphon), Boosey & Hawkes, AMP, Schott (Panton), Universal.

ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES
Il existe en français un ouvrage de base pour apprendre à connaître Martinů, c’est la biographie écrite par Guy Erismann (Bohuslav Martinů, un musicien à l’éveil des sources, 399 p. Actes Sud, 1990). Par ailleurs, Harry Halbreich a établi le catalogue des œuvres avec documentation et biographie en allemand (Zurich 1968, édition mise à jour en 2008) ouvrage malheureusement non traduit en français.

En anglais, allemand et tchèque, il existe une abondante bibliographie et on mentionnera tout particulièrement les ouvrages fondamentaux de Miloš Šafránek et de Jaroslav Mihule. (Le site de la Fondation Martinů www.martinu.cz donne le détail de toutes ces publications).





Guy ERISMANN a également écrit une biographie de Martinů dont la lecture est simplement passionnante, car une fois de plus, l’œuvre, l’homme et l’époque sont intimement liés pour nous faire mieux comprendre l’originalité essentielle du compositeur et par dessus tout donner l’envie de se plonger dans l’écoute de ses œuvres. Une lecture indispensable pour qui aime la Bohême et sa musique. (Martinů, un Musicien à l’Eveil des Sources, par Guy Erismann, éditions Actes Sud, 1990, 400 p.)

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